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•août 26, 2011 • Laisser un commentaireL’énergie est au coeur du keiko
•septembre 7, 2011 • Laisser un commentaire2e compte rendu du stage 2011, 1er jour
•septembre 6, 2011 • 1 CommentaireLongue est la route …
Le samedi 6 août 2011, à Saint-Brice sous forêt, commençait un stage extra-ordinaire sous plusieurs points de vue :
- D’abord par la discipline enseignée: L’école Hyoho Niten Ichi Ryu ne s’était jamais exportée en-dehors du Japon avant 2004, dans la même ville de Saint-Brice et sous l’impulsion du même élève de Iwami Soke (11eme grand maître de l’école fondée par Miyamoto Musashi), Philippe Nguyen Thanh Thiên.
- Puis par la durée et l’encadrement: 34 heures de pratique durant une semaine entière, à raison de 5 ou 6 heures par jour sous la direction du grand maître lui-même et de deux senseï de premier plan, Kajiya et Nagaoka senseï.
- Enfin, par la rareté d’une opportunité comme celle-là : il n’y a pas plus d’un séminaire international par an et celui-ci avait lieu en France.
C’est accompagné par un ami qui m’hébergeait pour toute la semaine que j’arrivais en gare de Sarcelles Saint-Brice, ce samedi à 8h30 du matin. Le temps était maussade, grisâtre et menaçait de tourner à la pluie. Mais à la sortie de la gare, je retrouvai un environnement familier : Des affiches indiquant « Hyoho Niten Ichi Ryu » et portant l’emblème de l’école de Philippe Nguyen Thanh Thiên indiquaient le chemin à suivre. Tout un symbole… Comme beaucoup des participants à ce stage, j’avais fait un bout de chemin (et certains, venus de Grande-Bretagne, République Tchèque ou Russie par exemple, beaucoup plus que moi!) pour venir étudier en présence des maîtres. Et puisque nous avions fait ce début de chemin, alors on nous indiquait celui qui restait encore à parcourir. Si je montre à l’élève le quart, alors ce dernier doit dévoiler les trois-quarts qui lui manque, aurait professé Confucius !
En arrivant sur les lieux du stage (un très beau gymnase entouré d’espaces verts), une légère appréhension m’envahit. Comment se comporter en présence de trois maîtres ? Que faire lorsque l’on se retrouve en face du successeur de Miyamoto Musashi? Au moment où l’ami qui m’avait accompagné me laissait à l’entrée du gymnase, je me souvenais de la réponse : Faire confiance aux enseignements que mon professeur transmet à chacun des stages qu’il anime dans les Hautes Pyrénées. S’exercer dur, ne pas en perdre une miette et ne rien prétendre d’autre qu’avoir cette volonté d’étudier.
Après avoir passé mon keikogi, au milieu des élèves de Nguyen Thanh Thiên dont je ne connaissais que quelques-uns, je commençais à me sentir « comme d’habitude ». On entendait plusieurs langues, certains pratiquants se saluaient comme des gens heureux de se retrouver. Puis les trois maîtres ont fait signe aux élèves de se présenter en ligne. Iwami Soke a salué et nous avons salué en retour. A ce moment-là, je me suis rendu compte que quelque chose n’était vraiment, vraiment pas « comme d’habitude »!
Après quelques minutes d’échauffement, nous nous sommes divisés en trois groupes, chacun dirigé par un enseignant. Pour le groupe auquel j’appartenais, il s’agissait de Nagaoka Senseï. Menkyo Kaïden (la plus haute distinction de l’école à l’exception du soke lui-même), maître Nagaoka a immédiatement posé le ton de son enseignement. Un sourire d’une bienveillance rare, une authentique volonté de transmettre et la ferme intention de tirer ses élèves vers le haut. En conséquence, aucune concession à l’exercice. Des corrections, précises et fermes. Une seule exigence : Faire du mieux possible. On comprend sans avoir besoin d’en faire l’expérience que s’économiser revient à perdre l’enseignement. Persévérer, refaire et s’améliorer (même un petit peu) revient à faire sourire Nagaoka et à lui tirer un « Sôôô » (« Ainsi » ! comme traduisent les trois jeunes et brillants interprètes du stage) qui nous fait retrouver un nouveau souffle.
Dans la première demi-journée, au cours de trois heures d’entraînement sans aucune pause, nous étudierons une seule technique. Et lorsque maître Nagaoka nous demandera si le rythme n’est pas trop lent pour nous, il aura la seule réponse possible, à savoir que le rythme est parfait. Nous avons tant à creuser qu’aucun d’entre nous ne songe à passer à une autre technique avant que le maître ne le décide ! L’après-midi, les fondamentaux resteront les mêmes, nous verrons deux techniques de plus et verrons arriver la fin de la journée fourbus, malgré les pauses régulières que l’organisation a demandé aux enseignants de nous accorder et qu’ils nous accordent bien volontiers.
Le premier jour de la semaine s’achève, maître Nagaoka nous a fait toucher l’essentiel. « Shikari », c’est à dire correct, juste, stable, attentif, bref… Une posture d’attention et de concentration bien plus qu’une posture du corps, bien que la posture corporelle ait bien entendu son importance. Nous avons salué les maîtres après la fin de cette première journée, avant de retourner au vestiaire. Déjà, nous avions tous fait des rencontres humaines. Avec les maîtres bien entendu, mais aussi avec des pratiquants que nous ne connaissions pas le matin et avec qui nous partagions une grande joie d’être là, ensemble et tournés vers les mêmes efforts.
Par Thierry LOUGE
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2e compte rendu du stage 2011, 4 jours suivants
•septembre 6, 2011 • Laisser un commentaireUn dimanche non chômé.
Le lendemain, la première chose que fit Iwami Soke après nous avoir salué fut de prendre des nouvelles de notre santé. Nous étions-nous bien reposés, avions-nous des courbatures ? Une préoccupation que relaiera Nagaoka senseï en regroupant les pratiquants dont il avait la responsabilité. Pratiquez totalement. Faites de votre mieux et apprenez, mais n’outrepassez pas vos limites et ne risquez pas la blessure. Voilà en substance ce que le maître attendait de nous, le message à transmettre pour lequel il avait traversé la moitié du globe. Et nous voilà replongés dans l’étude des bases, si simples à observer et si complexes à mettre en oeuvre, à comprendre et à intégrer. Nous avons repris « Sassen », la première technique et « Hasso kara no shomen uchi », la coupe de base. Engager l’esprit, le corps, le sabre. Détendu, l’esprit reste aux aguets et détendu, le corps s’engage en un clin d’oeil.
Avez-vous compris ? Oui, senseï. Faites-le ! Là, c’est autre chose…
Lorsque nous reprenons le travail en binôme, uchidachi et sidachi, le professeur et l’élève, l’attaque et la réponse, Nagaoka senseï se promène tranquillement parmi nous. Pendant quelques minutes il observe ce qui se passe, avant de choisir par qui et par quoi commencer à corriger. Et toujours, il cherche à faire passer un message. Par son attitude, par ses quelques facéties et par ses corrections fermes, il veut nous voir nous améliorer. Avant et après son passage, quelque chose dans notre pratique doit avoir changé. C’est ce qu’il nous donne, et qu’il nous donnera tout le long de la semaine. Cette considération qui nous enseigne que nous ne sommes pas incapables de bien faire, que nous avons simplement besoin de conseils et de travail.
Pour nous aider, il n’hésite pas à nous pousser. Il compte, ichi, ni, (un, deux…) Et fait exploser un « San » rempli d’une énergie communicative au moment où nous devons faire exploser notre intention dans nos mouvements.
Après les quelques minutes de pause désormais régulières, Nagaoka senseï se montre plus disert que la veille. Il nous demande si nous avons des questions sur ce que nous avons vu, et il répond sans hésiter, montrant et remontrant les techniques pour appuyer les explications qu’il nous délivre sur la position du corps, la trajectoire du sabre, la distance, le timing, l’engagement entre autres choses.
A la mi-journée, Iwami soke face aux pratiquants se prend à ce que, de prime abord, on pense être un jeu. Il crie ! Et nous intime de crier en retour, mais attention : le jeu a des règles. D’abord, il ne s’agit pas de hurler. Il faut sortir de soi une volonté de se faire entendre sans ambiguïté. Ensuite, il ne s’agit pas de répéter mécaniquement ce que nous dit le grand maître. Il nous prendra plusieurs fois en défaut sur ce point. Imiter, apprendre, pas singer !
L’enseignement passe parfois par des canaux inattendus. Et le fait de crier ensemble dans cette optique particulière, nous oblige à être entendus. Et donc, lors de la pratique à deux qui suivra lors de l’annonce des techniques, à faire attention à l’intention et à l’énergie de ces annonces. Donner une énergie correcte et forte pour pousser l’exercice, dès l’annonce ! S’engager sans possibilité de passer inaperçu. Les katas de cette école, justement, ne portent pas le nom de kata mais de « seiho » qui signifie « pousser le souffle ».
Au moment du salut de la fin de journée, quelques participants libres uniquement pour le week-end sont sur le point de quitter le stage. Comme il le fera avec chaque participant, Iwami Soke leur remet en personne un certificat de présence, en les remerciant de leurs efforts et en leur enjoignant de continuer l’entraînement.
Le lundi et pour toute la semaine, les cours commenceront moins tôt, à 10 heures du matin. L’occasion de récupérer un peu de sommeil ! L’ambiance a encore changé. Quelques participants sont arrivés, d’autres sont partis la veille au soir mais la majorité ont déjà pratiqué ensemble. Les maîtres ont pris l’habitude de leurs élèves, et Nagaoka senseï commencera comme pour tous les jours qui suivront par une invitation à la vigilance, pour que personne ne se blesse et que tout le monde continue à s’entraîner. Puis, il nous fera travailler les bases avant de s’exercer en binômes.
Nous poursuivons notre étude du sabre long, qui se poursuivra également le mardi.
Comment passer sous une coupe ? Comment sortir de la ligne d’attaque d’un sabre, se servir de sa lame pour dévier un coup ? Comment utiliser la main gauche pour augmenter la vitesse de rotation de sa hanche ? Des principes, des bases, des détails qui changent tout, nous passerons tout en revue.
Et Nagaoka senseï ajoutera le mardi une chose importante à ses conseils : Quand vous serez de retour chez vous, souvenez-vous de ce que vous apprenez et continuez dans cette voie.
Nous aurons droit à d’autres choses également. Un cours de manières japonaises, qui ont « quelque chose d’universel, comme toutes les politesses de toutes les cultures » selon Iwami Soke. Nous apprendrons à saluer, à s’asseoir en seiza, à passer en tailleur, revenir en seiza, se relever… Nagaoka senseï nous dira même comment ranger nos chaussures et nos sabres sur les côtés du dojo.
Le mercredi, nous commençons l’étude des seiho de kodachi, le sabre court. La première technique est la même qu’au sabre long, à une foultitude de détails près évidemment. Nous commençons donc par là. Tourner sans avancer trop, maintenir la distance correcte, attention ! Nous travaillons à présent avec un sabre court et la distance est moins grande. Les erreurs arrivent plus vite, d’autant que la fatigue commence à gagner du terrain après -déjà!- quatre jours d’entraînement.
Le mercredi après-midi, après les deux heures de keiko matinal c’est « barbecue-keiko », comme dira Iwami soke avec gourmandise.
L’organisation brille une fois de plus par son efficacité : Siegfried et Corinne sont aux commandes. Depuis le premier instant du stage, Siegfried est sur tous les fronts. Professeur d’arts martiaux, il a tenu à venir en soutien et soulager Nguyen Thanh Thiên des responsabilités de l’organisation durant le cours. Il est à la fois coordinateur en s’assurant que tous les pratiquants censés arriver sont bien là, que ceux qui partent soient identifiés et remerciés, intendant quand il s’occupe de trouver des volontaires pour s’occuper du gymnase et de la maison où logent les maîtres. Il gère le particulier et le général … Corinne est présente depuis ce matin et elle appuie Siegfried de son expérience des stages.
Le soleil qui nous avait boudés presque en permanence – et que nous n’avons pas beaucoup regretté à vrai dire, redoutant d’étouffer dans le gymnase – est même au rendez-vous.
En suivant les grillades, une partie de Basket-ball sera organisée. Les élèves y noueront des liens encore plus proches qui permettent d’aller au-delà des barrières de langues et de cultures. Deux équipes internationales s’affrontent sous un soleil généreux.
Par Thierry LOUGE
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Compte rendu du stage par une nouvelle élève
•septembre 6, 2011 • Laisser un commentaireBien souvent et aux premiers abords, nous considérons les arts martiaux comme des techniques extraordinaires de combat où l’esprit de compétition est fortement mis en avant et qui fait partie de notre imaginaire collectif. Combativité de l’esprit et maîtrise du corps constituent les éléments essentiels des arts martiaux, leurs conférant un aspect fabuleux, voire magique.
C’est en approfondissant mes recherches sur le Bushido et le Zen que j’ai pu me rendre compte que les arts martiaux sont avant tout des « Voies » qui nécessitent une pratique sérieuse et intensive, un savoir-faire dans l’exécution de mouvements millimétrés, constituant une gestuelle précise, accompagnée, pour la plupart du temps, d’un esprit, d’une énergie qui permet la maîtrise et le contrôle de soi, le « ki ».
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2e compte rendu du stage 2011, 2 derniers jours
•septembre 6, 2011 • Laisser un commentaireNagaoka senseï, le jeudi et le vendredi, insistera sur les notions d’échange, d’entraide et d’humilité « nécessaire à la paix dans le monde ». Un lieu commun ? Pas du tout ! Quand Nagaoka senseï en parle, sabre à la ceinture et sourire bienveillant aux lèvres, c’est au contraire une nouvelle façon d’aborder ces questions.
Comme les jours précédents, le soke fait quelques interventions dans les groupes de Kajiya senseï et Nagaoka senseï. En ce qui nous concerne, il nous montre un exercice : « relax, Ichi » ! Exploser en une fraction de seconde, depuis un état de tranquille relaxation. Il nous parle de l’école, de notre appartenance à l’enseignement de Musashi qui doit nous remplir de joie. Mine de rien, il nous invite chez lui !
Et il répète « Entraînez-vous, lisez le gorin no sho, entraînez-vous encore. Relisez et recommencez. Vous aller rêver de Musashi ! »
Les groupes changent selon les nécessités de l’enseignement et Christine Nguyen qui s’était sacrifiée pour soutenir Nagaoka sensei dans la dynamique de ce groupe, nous quitte pour aller dans celui des avancés et rejoint Philippe Nguyen Thanh Thiên pour un échange vigoureux de nito seiho, les techniques à deux sabres. Elle recevra d’ailleurs la leçon particulière de Iwami soke pendant une heure qui lui précisera sans concession les nito seiho.
Nagaoka senseï nous réunit en rond autour de lui et crie avec nous de plus en plus souvent, pour nous communiquer son enthousiasme et partager complètement le moment à vivre. Le dernier jour, les trois interprètes du stage s’habilleront en tenues traditionnelles du Japon, pour honorer les maîtres qui se montreront touchés par cette attention.
En ce qui nous concerne, nous pratiquerons jusqu’à la dernière seconde. Pour ne pas gaspiller notre chance et pour montrer le respect immense que ces trois hommes du Japon nous ont inspiré.
Soulagés que le stage se termine parce que la fatigue devenait de plus en plus envahissante et désireux de recommencer cet entraînement dès que nous serions reposés, nous avions tous conscience que cette opportunité ne se représenterait malheureusement pas immédiatement.
Je ne pense pas me tromper en disant pour les participants Français de ce stage, que nous avions également à l’esprit une autre énorme chance, celle de continuer à approfondir l’art du sabre de Musashi avec Philippe Nguyen Thanh Thiên. A l’heure de partir, nous savions que les maîtres nous laissaient entre de bonnes mains.
Ce stage m’a donné une occasion incroyable de pratiquer le sabre de la Hyoho Niten Ichi Ryu, mais il m’a également permis de rencontrer et d’apprécier les élèves de Philippe, que je connaissais trop peu ou pas du tout. A tous points de vue, il aura été un grand moment d’échanges, de rencontres et d’apprentissage.
Avec et malgré toute la prévenance de Nagaoka senseï, je garde un fond de regret de n’avoir pu recevoir les enseignements directement du Grand-Maître Iwami mais je sens la force de son art au travers des maîtres assistants. Cette même force a diffusé tout le stage vers les pratiquants européens et il a tenu, autant qu’il a pu, à venir vers chacun de nous une fois au moins, pour nous observer, nous corriger et nous encourager.
Par Thierry LOUGE








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